Structure hiérarchique du discours

 Dans ce modèle développé par Eddy Roulet, le discours est perçu comme une entité complexe ayant une composante linguistique, une composante textuelle et une composante situationnelle.


Les composantes elles-mêmes se décomposent en modules. C’est ainsi que la composante linguistique comprend le module lexical et le module syntaxique; la composante textuelle donne lieu au module hiérarchique, tandis que la composante situationnelle renvoie aux modules  référentiel et interactionnel. 


Les trois composantes sont soumises à des contraintes liées à l’interprétation du discours: les contraintes situationnelles sont liées à l’univers de référence et à la situation d’interaction, les contraintes linguistiques sont liées à la syntaxe et au lexique, et les contraintes textuelles à la structure hiérarchique du texte.


Les cinq modules sont des informations de base qui peuvent être décrites indépendamment. 


Ainsi le module lexical prend en considération le dictionnaire du discours (à la fois les termes ayant un sens référentiel et les termes ayant un sens procédural). 

Le module syntaxique s’intéresse à des formes de constructions grammaticales dans le discours. 

Le module hiérarchique prend en charge les rapports entre les unités du discours, en termes d’importance. 

Le module interactionnel traite des propriétés matérielles des différents niveaux d’interaction dans le discours. 

Le module référentiel définit le monde dont parle le discours ainsi que le monde dans lequel il se déploie.


Le modèle hiérarchique postule également des formes d’organisation du discours résultant du couplage d’informations d’origines diverses. Aussi, y distingue-t-on sept formes d’organisation élémentaires : phono-prosodique ou graphique, sémantique, relationnelle, informationnelle, énonciative, séquentielle et opérationnelle; et cinq formes d’organisation complexes: périodique, topicale, polyphonique, compositionnelle, stratégique.


Les formes d’organisation élémentaires se distinguent des formes d’organisation complexes en ce sens où elles résultent du couplage d’informations d’origine modulaire, tandis que les formes d’organisation complexes résultent du couplage d’informations issues de modules et d’autres formes d’organisation.


Selon Roulet, l’attribution d’une structure hiérarchique à un discours nécessite le recours à divers procédés: "la reconstitution du processus de négociation sous-jacent, la possibilité de supprimer un constituant subordonné, la présence d’un connecteur (ou la possibilité d’en insérer un dans la séquence sans modifier l’interprétation de celle-ci), voire les indications données par la ponctuation ou la prosodie".


Au-delà de la complexité de ce modèle et de son caractère trop descriptif, il faut reconnaitre que son schéma de la structure hiérarchique du discours est un instrument de toute importance pour des analystes ayant l'intention de cerner un discours dans tous ses aspects. Entre autres, Cette structure permet de déterminer le message essentiel du discours.


Selon Roulet, l’attribution d’une structure hiérarchique à un disocurs nécessite le recours à divers procédés : «la reconstitution du processus de négociation sous-jacent, la possibilité de supprimer un constituant subordonné, la présence d’un connecteur (ou la possibilité d’en insérer un dans la séquence sans modifier l’interprétation de celle-ci), voire les indications données par la ponctuation ou la prosodie».

Exemple d'analyse hiérarchique proposé par Franck Cobby