Pragmatique énonciative


Dans le prolongement des travaux de Benveniste sur l'énonciation (1966, 1974), Ducrot préconise une description linguistique intégrant la pragmatique comme l'une de ses composantes. L'idée de base ici est que la dimension pragmatique d'un énoncé est inscrite dans la langue elle-même et non dans une situation particulière.

Ainsi selon ce modèle, la relation entre énoncés est argumentative et non déductive. C'est-à-dire, les règles argumentatives régissant les enchaînements entre énoncés et leurs interprétations ne sont pas gouvernées par des règles ou des principes logiques et déductifs, mais par des lieux communs argumentatifs.

Ce modèle repose sur deux hypothèses : l’une, ascriptiviste, selon laquelle "les énoncés ne communiquent pas des états de faits mais des actions", d’où les actes de langage ; et l’autre, sui-référentielle, selon laquelle "comprendre un énoncé, c’est comprendre les raisons de son énonciation". C’est-à-dire, la description de l’énoncé implique la description du type d’acte qu’il est censé réaliser (Reboul et Moeschler 1994: 30, 31). La théorie de l’argumentation de Anscombre J. C et Ducrot O. relève de cette pragmatique dite linguistique ou sémantique.

La notion d’énonciation

              Vue de manière étendue, l’énonciation désigne l’acte de dire par opposition à l’énoncé qui est ce qui est dit. En d’autres mots, l’énoncé renvoie au contenu informationnel tandis que l’énonciation renvoie au fait de dire ce qu’on dit. L’énoncé, c’est le dit et l’énonciation le dire. L’énoncé comme objet empirique est concret, l’énonciation est abstraite.


              Mais Dans une conception restreinte élaborée par Benveniste et approfondie par K-Orecchioni, l’énonciation est définie comme l’ensemble des traces de l’activité du sujet parlant dans l’énoncé, c’est-à-dire «la subjectivité dans le langage». 


              Parmi les phénomènes auxquels s’intéresse l’analyse énonciative on peut retenir ici :

             Les déictiques, les modalisateurs, les stratégies de discours, la polyphonie, les marques de tension, l’argumentation.