L'implicitation

L’implicitation implique le fait d’avancer un contenu X dans l’intention consciente ou inconsciente de signifier une intention Y.

Le fait est que certains énoncés revêtent deux dimensions au regard de leur contenu: une dimension explicite et une dimension implicite. Selon le contexte de déploiement du discours, l’allocutaire peut être plus ou moins contraint à la seule prise en compte du niveau implicite.

Il y a deux types d’informations implicites: le présupposé et le sous-entendu.

Le présupposé est de nature cotextuelle. Il relève des implicatures conventionnelles. Il est repérable à partir d’une connaissance du lexique. Donc il est stable.

Lorsque, par exemple, quelqu'un dit: "… nous devons continuer à aller vers le peuple", cela présuppose le maintien d’un procès en cours. Comme verbe de présupposition, "continuer" implique que le locuteur prenait les desiderata du peuple en considération, qu’il écoutait le peuple, bref sa politique est ancrée dans une tradition de bon commerce avec les citoyens.

Contrairement au présupposé, le sous-entendu est de nature contextuelle, donc instable. Un même énoncé actualisé dans des contextes différents suggère des sens différents. La connaissance du lexique ne suffit pas dans le repérage du sous-entendu. Puisqu'il s'agit d’implicature conversationnelle, on y accède seulement par inférence. Un énoncé comme "voici la pluie" peut selon le contexte, signifier "il est temps de partir", "on ne peut pas sortir", "allons recueillir de l’eau" etc.