L'approche stylistique

Par stylistique, Bally entend l’étude de "la valeur affective des faits du langage organisé",  et de "l’action réciproque des faits expressifs qui concourent à former le système des moyens d’expression d’une langue" (1970 : 1). Elle consiste en un inventaire des potentialités créatives du langage. 


Pour appréhender les faits de style, nombre de chercheurs ont eu recours à la statistique. D’où le modèle de la stylométrie ou la stylistique quantitative.


La stylistique quantitative

A ce modèle, se rattache le nom de J. Roche, dont l’étude sur le style des candidats à la Présidence de la République Française entre 1965 et 1969, est une application. Selon Roche, dans la stylistique quantitative il n’est question ni de grammaire, ni de lexicologie, ni de sémantique; il s'agit simplement de "relever des faits stylistiques" (1971 : 16).

 

Partant de la phrase, la démarche consiste à indexer des apparitions du fait considéré et adopter un système de comptabilisation pour aboutir à des moyennes et des pourcentages. Schématiquement, les opérations de relevés et de calculs s’appliquent successivement à ces quatre phases de l’étude :

 

a- prise en compte du vocabulaire : à cette phase on compte le nombre d’unités dans chaque phrase en les classant par catégorie;

 

b- prise en compte de la complexité syntaxique de la phrase : à partir du critère de l’analyse logique traditionnelle, on étudie le rapport entre nombre de propositions et nombre de phrases, nombre de propositions subordonnées et nombre de propositions;

 

c- prise en compte des procédés d’expression : cette étude se fait en termes d’unicité, de variété, d’anomalie des procédés d’expression;

 

d- prise en compte des figures de rhétorique : cet aspect concerne les trois types de figures (de construction, de mots et de pensée) traditionnellement inventoriées par la grammaire.

 

Après ces séries d’inventaires, le résultat est présenté sous forme de transcription symbolique dans des tableaux destinés à cet effet.

 

Etant liée à l’esthétique textuelle, cette forme d’analyse pose des problèmes de valeur. S’agissant d’étudier "des effets de style sur fond de langue", elle reste tributaire de la rhétorique et de la grammaire. 


Enfin dans ce mode d’approche "la mise en fonctionnement du discours ne peut être donnée, comme c’est le cas dans toute méthode de co-occurrence" (Guespin in K-Orecchioni et Mouillaud 1984: 151).