L'approche modulaire

Par approche modulaire de l’organisation du discours, Roulet entend "un ensemble d’hypothèses... propres à faciliter la découverte des différentes formes d’organisation du discours et de leurs interrelations" (Notes de cours, Université de Genève 2002). 

Inspirée de la théorie des systèmes complexes de Simon 1962, cette approche repose sur l’hypothèse qu’un objet complexe peut être décomposé en un certain nombre de systèmes d’informations simples et notionnellement indépendants, qui déterminent différentes formes d’organisation. 

Ainsi conçue, l’approche modulaire du discours se veut, à la fois, un instrument de représentation, de description et de développement. En même temps qu’elle rend possible une représentation de la complexité de l’organisation du discours, elle entend "décrire systématiquement les différentes dimensions et formes d’organisation de discours authentiques" dans un cadre de développement permettant d’approfondir les recherches.  

Dans sa démarche, l’approche modulaire implique une double exigence: la décomposition de l’organisation complexe du discours en modules et la description de la manière dont les modules peuvent être combinés pour rendre compte des différentes formes d’organisation du discours. Le modèle hiérarchique d'analyse du discours de l'Université de Genève relève de cette approche.


Les unités d’analyse

Selon Roulet, « la définition de l’unité textuelle minimale dépend davantage de l’organisation de l’activité discursive que de la structure de la langue ». Cette unité doit être perçue en termes de « traitement cognitif de l’information et non de structure linguistique ». Aussi, il considère « l’énonciation » comme l’unité textuelle minimale, c’est-à-dire, « la plus petite unité délimitée par un passage en mémoire discursive ». Dans la terminologie de l’approche modulaire la notion d’énonciation est remplacée par celle d’acte, qui est plus spécifique.


Dans cette approche, sont considérés comme frontières d’unité la ponctuation (le point, les deux points, le point d’interrogation, les trois points de suspension et la virgule lorsqu’elle sépare deux propositions), les connecteurs logiques. Autant dire, une unité peut avoir la taille d’une phrase entière, d’une proposition ou même d’un mot.

Dans tous les cas

X connecteur Y donne deux unités

X(prop), Y(prop) donne deux unités

X : Y donne deux unités

 

Exemple .- « Oui / mais il y a les enfants à considérer, / il y a les biens communs, / enfin c’est plus compliqué que ce que l’on croit ». 

Dans l’exemple ci-dessus il y a 4 unités.