De l'organisation relationnelle du discours

            L’étude de cet aspect du discours vise à mettre en évidence d’une part, les relations génériques entre les constituants de la structure hiérarchique et des informations en mémoire discursive et, d’autre part, à décrire le parcours inférentiel permettant de déterminer la relation spécifique entre un constituant et une information en mémoire discursive. Il est un fait que les liens entre les constituants de discours et le choix de ces liens par un locuteur obéissent à des motivations particulières. La prise en compte de ces relations est d’autant plus importante qu’elle permet de découvrir les types de relations privilégiés dans le discours.

Selon Roulet, « elles peuvent le plus souvent être identifiées par la présence ou, à défaut, la possibilité d’insertion d’un connecteur …» Aussi distingue-il les relations suivantes :

.- argument : relation marquée par « car, parce que, d’ailleurs, donc, par conséquent … »

.- contre-argument : relation marquée par « bien que, pourtant, mais … »

.- reformulation : relation marquée par « en fait, de fait, enfin, finalement…»

.- topicalisation : relation marquée par « quant à, en ce qui concerne, et les dislocations à gauche »

.- succession : relation marquée par « puis, ensuite … »

.- préalable, : relation non marquée où le constituant subordonné précède le principal.

.- commentaire : relation non marquée où le constituant subordonné suit le principal.

.- clarification : relation non marquée où l’échange subordonné ouvert par une question suit le principal (Roulet, Filliettaz et Grobet 2001 :172).


Exemple

1 Oui / 2 mais il y a les enfants à considérer, / 3 il y a les biens communs, / 4 enfin c’est plus compliqué que ce que l’on croit. 

Entre 1 et 2 il y a une relation de contre-argument marquée par mais. Entre 2 et 3, il a une relation d’addition par le fait de la virgule séparant deux propositions. Entre 3 et 4 il y a une relation de reformulation marquée par enfin.

En réalité, la relation de contre argument instituée par mais ne concerne pas uniquement 1 et 2, mais bien 1 et le reste du discours (2, 3, 4).

De même, l’unité 4 ne reformule pas uniquement 3 ; elle reformule 2 et 3. Donc la relation de reformulation est entre (2, 3) et 4.