Avertissement

        La littérature est on ne peut plus abondante et les épithètes ne manquent pas décrivant l'inadéquation du structuralisme vis-à-vis de la communication linguistique, phénomène spiralé dont on ne saurait préciser les contours.

 

        On est pourtant loin d'un rejet systématique des travaux issus de cette approche qui a influencé les recherches en sciences humaines pendant près d'un demi-siècle. L’Analyse Distributionnelle de Harris, la Grammaire Générative de Chomsky, l’Analyse Fonctionnelle de Martinet, l’Analyse Lexicométrique du Groupe Saint-Cloud, sont d'une contribution considérable à l'appréhension des structures de langue.

 

        Cependant le structuralisme linguistique, se révélant inapte à répondre à un certain nombre de questions fondamentales dans la production du sens, n'a pas d'autres choix que de fermer boutique. Par leur caractère réductionniste, les analyses structuro-linguistiques risquent, selon le mot de Jacobson, de réduire le langage à une fiction scolastique.

 

        La vision structuraliste ne permet pas d'opérer sur la communication linguistique en tant que processus évolutif.

 

        Elle ne permet pas de rendre compte, par exemple, des modalités de la communication, des jeux de placement et de déplacement du sujet parlant, des actes accomplis par le langage, des stratégies d’autolégitimation et de construction de soi, des jeux d'implicitation...

 

        Bref l'usage de la langue, en tant que lieu de manifestation de la fonction de médiation du code linguistique, échappe à la démarche structuro-linguistique et exige d'autres modes d'approche du langage.

 

        Au-delà des analyses syntaxiques, morphologiques, phonologiques ou structuro-sémantiques, il y a donc lieu d'envisager une analyse dynamique où la fonction subjective est prise en compte, en tant que propriété fondamentale de la communication langagière. "Jamais les formes logiques du langage ne sont au premier plan; affectivité et expression, voilà ce qui domine" (Bally 1965 : 22).

 

        La fonction subjective est d'autant plus fondamentale que le langage n'est, ni plus ni moins, qu'un instrument de médiatisation de la pensée humaine.

 

        Il est nécessaire de dépasser l’opposition langue/parole pour être attentif à ce qu'il y a d'essentiel dans leur mode d'articulation en situation de communication. Voilà qui fonde la raison d'être de l'analyse du discours.